mardi 30 août 2016

Magazine Georges ****

Un très beau magazine pour enfants qui ne les prends pas pour des couillons ! Hyper graphique, très travaillé visuellement avec des histoires, des jeux et des rubriques-à-brac en veux-tu en voilà. Tout y est ! Pas de numérotation pour suivre les parutions mais une thématique : numéro lapin, numéro moustache, numéro trompette, numéro valise... La thématique est déclinée tout au long du magazine en filigrane dans les différentes rubriques.

Au fil des numéros, vos bambins retrouveront même les aventures des deux affreux jojos Pampi et Gorri. Un peu de stabilité et de récurrence pour les accrocher avec une nouvelle histoire courte à chaque parution.

Chaque numéro commence par une histoire longue illustrée, une petite interview très rigolote du personnage principal, une histoire vraie (l'histoire de Mr Poubelle, de la Tarte Tatin ou de Niki de Saint Phalle par exemple) et la fameuse histoire courte de Pampi et Gorri ! Viennent ensuite une série de jeux et les rubriques-à-brac pour bricoler, cuisiner, découvrir un film ou un métier...

Idéal pour les 6-9 ans qui apprennent à lire, à la fois accessible, ludique, beau et intelligent. Soit tu t'abonnes, soit tu attends les compils de 4 numéros...

Et leur site web :  www.magazinegeorges.com




mercredi 17 août 2016

L'odeur des garçons affamés de Frederik Peeters et Loo Hui Phang ****

Avec un scénario aux petits oignons de Loo Hui Phang, et un dessin au style classique mais au graphisme très moderne de Frederik Peeters, L'odeur des garçons affamés revisite le western avec une intelligence et une sensibilité majestueuse. Ils reprennent les grands thèmes du genre : grands espaces, cow-boys contre indiens, expédition, troupeaux sauvage, chevaux et chariots. Mais rapidement, ils détournent le genre vers le fantastique et le mystique. On est plus chez les indiens que les cow-boys.

Un trio mal assorti, explosif et rocambolesque s'aventure dans le far-west ; chacun poursuivant sa propre quête au milieu des grandes plaines et des canyons. Un jeune photographe dandy et talentueux s'égare dans cette expédition comme pour fuir son passé. Un homme d'affaire crapuleux et grivois manipule son entourage pour faire ces petits calculs sur une future entreprise mystérieuse et effrayante. Un jeune boy faussement ingénu s'affaire autour d'eux. Entre intimité, ambiguïté et gêne, nous suivons avec délectation l'évolution de cette relation à trois...

Loo Hui Phang exploite au maximum le potentiel de chaque personnage et dévoile avec prudence chacune des ficelles d'une histoire rocambolesque, intime et fantastique au milieu du désert américain. Nous découvrons ainsi petit petit ce que chacun est venu chercher et/ou fuir dans le désert. Je m'arrête là avant de trop en dévoiler sur ce scénario d'une rare originalité.

A ce jour, c'est pour moi la BD la plus ambitieuse de l'année à ne rater sous aucun prétexte. Ce livre réconcilie les fans de grandes séries classiques et ceux de romans graphiques plus alternatifs grâce à un dessin classique mais moderne et un scenario qui réinvente les standards du western.


samedi 13 août 2016

Le Borgne Gauchet de Joann Sfar **

Pour le grand fan que je suis, la réédition du "Borgne Gauchet" par L'Association est un événement majeur et attendu depuis plusieurs années. Il s'agit d'un recueil d'histoires autour du personnage du Borgne Gauchet, un gentil dandy donjuan mousquetaire. Nous pouvons le croiser dans de multiples ouvrages de Sfar : c'est déjà plus ou moins lui, le Minuscule Mousquetaire (3 tomes) ou le capitaine de Petit Vampire (7 tomes) mais aussi dans Sardine de l'espace ou Pétrus Barbygére (que je n'ai jamais lu, et oui c'est possible !). Bref, j'avais envie de savoir ce qui se cache derrière ce livre...

Premièrement, une diversité graphique saisissante, reflet de la diversité de tons que prennent chaque épisode des aventures du Borgne Gauchet. Pour les habitués au style de Sfar constant depuis plusieurs années, vous allez être surpris de la palette de styles présents dans ce livre. Tout commence par un dessin très travaillé, fin et précis, très classique que Sfar a vite mis de côté dans sa carrière. Quelques pages plus tard, il met en œuvre un style enfantin à la ligne pure et sans fioriture, l'essentiel et rien d'autre. Ailleurs, l'encrage devient gras et se perd dans des lavis de noir et de gris qui plantent un décor sombre et pesant. Autant de style qui s'adapte au registre du chapitre de l'histoire.

Deuxièmement, une multitude d'histoires qui part la magie de Sfar ont un lien ténu mais dont il maintient une continuité mystique. C'est une histoire d'aventure et d'amour avec des passages de piraterie et du fantastique : c'est loufoque, c'est du Sfar de la première heure.

C'est impressionnant comme Joann Sfar arrive à donner vie à ces personnages dans de multiples ouvrages et diverses histoires. Des fois, ils sont au cœur de l’intrigue, parfois on les croise au détour d'une autre histoire, personnages secondaires d'un autre récit. Les personnages de Sfar apparaissent dans son œuvre de-ci de-là dans diverses histoires, divers ouvrages. Il disperse ainsi des bribes de leur existence sans jamais en perdre le fil. Malgré cette discontinuité narrative et temporelle, ces personnages restent cohérents et se construisent sans faille. Si vous remettez chaque élément dans l'ordre, ils s'imbriquent parfaitement les uns aux autres sans incohérence. Donjon co-écrit avec Trondheim reste le meilleur exemple de cette faculté à construire une histoire et des personnages cohérents en éclatant la temporalité du récit et en développant une diversité de tons et de styles à vous couper le souffle.

C'est clairement un livre poly-formes qui ravira les fans de l’œuvre de Sfar. De loin, ce livre est dispensable pour le novice mais c'est une pépite pour le lecteur au grand court de Sfar.




samedi 6 août 2016

Notes Tome 10. le pixel quantique de Boulet ***

Un tome 10 de Notes qui recueille les histoires courtes publiées sur le blog de Boulet entre juillet 2013 et juillet 2015 mais aussi une histoire écrite et dessinée lors des 24h de la BD d’Angoulême (pour plus d'explications vous pouvez lire cette article sur Trondheim).
Avec plaisir, Boulet développe un champ narratif beaucoup plus large que son quotidien sans pour autant renier ces thèmes de prédilections : science fiction, héroïc fantasy, sciences et divers souvenirs. Soyez rassurer, vous aurez toujours votre bonne dose de monstres et de dinosaures avec un peu de vacances familiales par ci par là.
A son habitude, Boulet met un peu de liant entre toutes ces notes en insérant des pages inédites sur le blog. Pour cette fois, il revient sur la grande question de toujours "qui a-t-il après la mort?". Sa réflexion dérive gentillement et détourne tous les clichés un à un.

C'est toujours un plaisir de retrouver une compilation du blog de Boulet, on se replonge dans son univers extrêmement drôle, à la philosophie simple et amusante. Le trait et les couleurs sont de plus en plus précis et réussis. Ce n'est pas indispensable mais c'est très reposant et dépaysant de lire les Notes de Boulet.