Avec un scénario aux petits oignons de Loo Hui Phang, et un dessin au style classique mais au graphisme très moderne de Frederik Peeters, L'odeur des garçons affamés revisite le western avec une intelligence et une sensibilité majestueuse. Ils reprennent les grands thèmes du genre : grands espaces, cow-boys contre indiens, expédition, troupeaux sauvage, chevaux et chariots. Mais rapidement, ils détournent le genre vers le fantastique et le mystique. On est plus chez les indiens que les cow-boys.
Un trio mal assorti, explosif et rocambolesque s'aventure dans le
far-west ; chacun poursuivant sa propre quête au milieu des grandes
plaines et des canyons. Un jeune photographe dandy et talentueux s'égare
dans cette expédition comme pour fuir son passé. Un homme d'affaire
crapuleux et grivois manipule son entourage pour faire ces petits
calculs sur une future entreprise mystérieuse et effrayante. Un jeune
boy faussement ingénu s'affaire autour d'eux. Entre intimité, ambiguïté et gêne, nous suivons avec délectation l'évolution de cette relation à trois...
Loo Hui Phang exploite au maximum le potentiel de chaque personnage et
dévoile avec prudence chacune des ficelles d'une histoire rocambolesque, intime et fantastique au
milieu du désert américain. Nous découvrons ainsi petit petit ce que chacun est venu chercher et/ou fuir dans le désert. Je m'arrête là avant de trop en dévoiler sur ce scénario d'une rare originalité.
A ce jour, c'est pour moi la BD la plus ambitieuse de l'année à ne rater sous aucun prétexte. Ce livre réconcilie les fans de grandes séries classiques et ceux de romans graphiques plus alternatifs grâce à un dessin classique mais moderne et un scenario qui réinvente les standards du western.

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