Sfar est un boulimique de travail. Il ne s'arrête jamais et surtout il trouve toujours un couillon pour le suivre et le financer pour le meilleur (souvent) et pour le pire (parfois).
Là franchement, il aurait pu éviter de publier ce carnet. L'éditeur Delcourt a pourtant essayé de nous alerter sur l'objet du délit en ajoutant un bandeau rouge "Les carnets intimes de Joann Sfar". Ayant lu et adoré ses précédents carnets, je me suis dit "tiens un nouveau gimmick publicitaire..." Non, non, non... C'est bien d'intimité qu'il s'agit. En même temps, Sfar annonce la couleur, ce carnet remplace le psy et le rabbin... Il sert également un peu d'auto-promo auprès de ses plus grands fans. On y apprend qu'un nouveau film va sortir en août "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil", qu'un tome 6 du Chat du rabbin se trame pour la rentrée littéraire et qu'il a sorti un bouquin de peintures sur Bonnard. Tout ça sonne très bien, malheureusement c'est un peu tout ce qu'il y a de palpitant dans ce carnet... Et ces projets ne sont que très briévement évoqués et nous ne découvrons rien du processus créatif...
Pour le reste, Sfar étale son mal-être... Beaucoup de complaintes sur l'état de la France, le judaisme en France, et sur sa solitutude post-rupture avec la femme de sa vie Sandrina Jardel. Il y a bien comme toujours un discours cohérent et une vision singulière du monde mais Sfar enchaine des pages et des pages de textes au fil de la plume sans aucune structure. Si les idées sont bonnes, la forme est sans contexte à retravailler.
Certains passages sont ennivrants avec des croquis intelligents de défilé de mode, un fantasme très humouristique, bourré de sens caché autour d'une femme rabbin. Malheureusement, ils se perdent dans la masse de textes sans queue ni tête.
Le pire, c'est qu'en terminant ce carnet, nous ne sommes pas certains que l'auteur se porte mieux...
mardi 21 juillet 2015
Si Dieu existe de Joann Sfar *
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vendredi 10 juillet 2015
Le rapport de Brodeck de Manu Larcenet *****
Une superbe adaptation graphique du roman de Philippe Claudel. On retrouve le style de Blast : le trait gras, sombre, gratté, la nature omniprésente où l'homme se perd et se cherche. Le dessin est superbe. Les portraits très travaillés dans un style pictural révèlent l'âme des personnages. Nous lissons dans chaque portrait la personnalité et la profondeur des personnages.
Ce style accompagne à merveille le récit de Philippe Claudel. Juste après guerre, les hommes sont perdus et le moindre trouble dans un petit village reculé sombre au drame. Un étranger arrive au village et perturbe le calme ambiant et fragile d'après la tempête. "L'anderer", l'autre, le voyageur dérange par sa curiosité, sa joie de vie, son mystère. Le récit commence par son meurtre par tous les hommes du village dans l'auberge du village. Seul Brodeck est innocent. Il arrive juste après le drame dans l'auberge. On lui demande de témoigner pour le village, de rédiger un rapport sur ce qui vient de se produire. Il n'a pas d'autre choix que d'accepter.
Ce roman est excellent en soit. La nature humaine y est dépeint dans sa complexité et ses ambiguïtés. La théorie du porc-epic de Schopenhauer en puissance. Le roman supporte très bien l'adaptation graphique de Larcenet. Vraiment Larcenet est au sommet de son art, n'hésitez pas une seconde plongez dans ses romans graphiques, vous vous y perdrez et vous adorerez ça !
Ce style accompagne à merveille le récit de Philippe Claudel. Juste après guerre, les hommes sont perdus et le moindre trouble dans un petit village reculé sombre au drame. Un étranger arrive au village et perturbe le calme ambiant et fragile d'après la tempête. "L'anderer", l'autre, le voyageur dérange par sa curiosité, sa joie de vie, son mystère. Le récit commence par son meurtre par tous les hommes du village dans l'auberge du village. Seul Brodeck est innocent. Il arrive juste après le drame dans l'auberge. On lui demande de témoigner pour le village, de rédiger un rapport sur ce qui vient de se produire. Il n'a pas d'autre choix que d'accepter.
Ce roman est excellent en soit. La nature humaine y est dépeint dans sa complexité et ses ambiguïtés. La théorie du porc-epic de Schopenhauer en puissance. Le roman supporte très bien l'adaptation graphique de Larcenet. Vraiment Larcenet est au sommet de son art, n'hésitez pas une seconde plongez dans ses romans graphiques, vous vous y perdrez et vous adorerez ça !
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mercredi 8 juillet 2015
L'arabe du futur Tome 1 et 2 de Riad Sattouf ****
Riad Sattouf surfe sur le succès éditorial des copains : Persepolis de Marjane Satrapi qui a déjà quelques années mais aussi Chroniques Birmanes et Chroniques de Jérusalem de Guy Delisles plus récents. Même principe : souvenirs de dictatures et/ou du front !
Le ton est léger et le récit plein d'humour pour raconter son enfance au moyen orient. Encore une fois, Sattouf réussit à garder le ton et l'oeil de l'enfant qu'il était. D'ailleurs, regardez son film Les Beaux Gosses, vous revivrez vos années collége ! Dans L'arabe du futur, nous naviguons entre la France, la Lybie et la Syrie des années 80's. C'est très intéressant de découvrir le quotidien, la réalité qui se cache derrière nos cours d'histoire : les conflits entre les pays arabes et Israël, l'occident et l'URSS, la vie de la population lybienne et syrienne, le système dictatorial, l'extrèmisme religieux, la confrontation des cultures... Un peu de vie et de concret dans tout ça, ça fait du bien !
Sattouf est sans pitié pour sa famille. Sa mére suit bêtement son mari en Lybie puis en Syrie. Elle s'ennuit, la vie est très rude et elle se demande ce qu'elle fout là... Son pére, docteur en Histoire n'est pas très malin. Il se fait gentillement balader par sa famille pourtant moins instruite que lui. Son pére est l'incarnation de l'immigré : étranger en France et étranger dans son pays d'origine et pour sa famille, vraiment bien nul part mais tout de même mieux chez lui, dans son pays d'origine que loin de sa culture.
Sattouf méne très habilement l'autobiographie pour nous parler des pays où il a vécu. L'arabe du futur nous plonge dans le passé pour nous expliquer en filigrane 2015 : le printemps arabe, les relations entre occident et moyen orient, le choc des cultures, la guerre... Le moyen orient en somme !!!
Le ton est léger et le récit plein d'humour pour raconter son enfance au moyen orient. Encore une fois, Sattouf réussit à garder le ton et l'oeil de l'enfant qu'il était. D'ailleurs, regardez son film Les Beaux Gosses, vous revivrez vos années collége ! Dans L'arabe du futur, nous naviguons entre la France, la Lybie et la Syrie des années 80's. C'est très intéressant de découvrir le quotidien, la réalité qui se cache derrière nos cours d'histoire : les conflits entre les pays arabes et Israël, l'occident et l'URSS, la vie de la population lybienne et syrienne, le système dictatorial, l'extrèmisme religieux, la confrontation des cultures... Un peu de vie et de concret dans tout ça, ça fait du bien !
Sattouf est sans pitié pour sa famille. Sa mére suit bêtement son mari en Lybie puis en Syrie. Elle s'ennuit, la vie est très rude et elle se demande ce qu'elle fout là... Son pére, docteur en Histoire n'est pas très malin. Il se fait gentillement balader par sa famille pourtant moins instruite que lui. Son pére est l'incarnation de l'immigré : étranger en France et étranger dans son pays d'origine et pour sa famille, vraiment bien nul part mais tout de même mieux chez lui, dans son pays d'origine que loin de sa culture.
Sattouf méne très habilement l'autobiographie pour nous parler des pays où il a vécu. L'arabe du futur nous plonge dans le passé pour nous expliquer en filigrane 2015 : le printemps arabe, les relations entre occident et moyen orient, le choc des cultures, la guerre... Le moyen orient en somme !!!
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