Sfar est un boulimique de travail. Il ne s'arrête jamais et surtout il trouve toujours un couillon pour le suivre et le financer pour le meilleur (souvent) et pour le pire (parfois).
Là franchement, il aurait pu éviter de publier ce carnet. L'éditeur Delcourt a pourtant essayé de nous alerter sur l'objet du délit en ajoutant un bandeau rouge "Les carnets intimes de Joann Sfar". Ayant lu et adoré ses précédents carnets, je me suis dit "tiens un nouveau gimmick publicitaire..." Non, non, non... C'est bien d'intimité qu'il s'agit. En même temps, Sfar annonce la couleur, ce carnet remplace le psy et le rabbin... Il sert également un peu d'auto-promo auprès de ses plus grands fans. On y apprend qu'un nouveau film va sortir en août "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil", qu'un tome 6 du Chat du rabbin se trame pour la rentrée littéraire et qu'il a sorti un bouquin de peintures sur Bonnard. Tout ça sonne très bien, malheureusement c'est un peu tout ce qu'il y a de palpitant dans ce carnet... Et ces projets ne sont que très briévement évoqués et nous ne découvrons rien du processus créatif...
Pour le reste, Sfar étale son mal-être... Beaucoup de complaintes sur l'état de la France, le judaisme en France, et sur sa solitutude post-rupture avec la femme de sa vie Sandrina Jardel. Il y a bien comme toujours un discours cohérent et une vision singulière du monde mais Sfar enchaine des pages et des pages de textes au fil de la plume sans aucune structure. Si les idées sont bonnes, la forme est sans contexte à retravailler.
Certains passages sont ennivrants avec des croquis intelligents de défilé de mode, un fantasme très humouristique, bourré de sens caché autour d'une femme rabbin. Malheureusement, ils se perdent dans la masse de textes sans queue ni tête.
Le pire, c'est qu'en terminant ce carnet, nous ne sommes pas certains que l'auteur se porte mieux...

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