Le dernier livre de Joann Sfar (enfin depuis il a sorti un nouveau carnet donc l'avant-dernier livre) rend hommage à l’œuvre sensuelle de Bonnard. C'est plutôt un livre d'art qu'une bande dessinée, d'ailleurs publié par Hazan. C'est en fait un livre hybride d'art et de bande dessinée...
A l'origine, il y a une expérience, une performance artistique en parallèle de l'exposition « Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie » au musée d’Orsay. Sfar invite un modèle chez lui et ils jouent à reproduire les poses de Madame Bonnard des tableaux de Monsieur. Alors que son modèle montre ses nichons, Sfar lui sort la peinture à huile, les pinceaux, les toiles, l'aquarelle et les crayons. Ce livre est le recueil des toiles expérimentales de Sfar explorant l’œuvre de Bonnard.
Ses toiles sont toutes vivantes et Sfar n'a pas pu s’empêcher de nous raconter une histoire. Celle du peintre amoureux de son modèle, modèle qui attend Bonnard dans sa baignoire... C'est un très beau livre, audacieux, à lire et à relire. Je l'ai d'ailleurs déjà relu une dizaine de fois en quinze jours. A chaque fois, je replonge dans ces toiles expérimentales, certaines inachevées, dans cette univers sensuelle et artistique où la couleur et la lumière sont primordiales.
Un très bel hommage vivant et poétique au peintre Bonnard comme Sfar nous en offre régulièrement. Pascin, Saint-Exupéry, Chagall, Gainsbourg ou Brassens sont déjà passés dans ses mains... Et c'était déjà merveilleux de découvrir ou redécouvrir leur œuvre à travers le regard et les mains malicieuses de Sfar.
dimanche 31 mai 2015
Je l'appelle Monsieur Bonnard de Joann Sfar *****
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samedi 30 mai 2015
Famille Royale de Ruppert&Mulot **
Ruppert&Mulot incarnent pour moi le renouveau de L'Association dans les années 2000 : une nouvelle génération audacieuse aux idées merveilleuses, aux graphismes et dessins somptueux avec le trait fin et précis. Ce sont surtout les spécialistes de la mise en page et du découpage narratif ! Bref de la très grande bande dessinée...
Dans Famille Royale, on retrouve les traits toujours aussi complémentaires des deux acolytes. Le découpage et le rythme du récit restent leurs points forts mixant plans larges très soignés, gros plans sur les détails, micro casses répétitives ou zoom en pleine page. Ce découpage aiguille et rythme le scénario qui lui en revanche est un peu décousu.
Habituellement, il y a toujours une astuce narrative chez Ruppert&Mulot, un jeu dans le récit, souvent en interactivité avec le lecteur ou le public. Ici, on la cherche désespérément mais on ne la devine pas. Cette histoire loufoque de princesses, princes et amants modernes est très humoristique mais malheureusement très légère...
Dans Famille Royale, on retrouve les traits toujours aussi complémentaires des deux acolytes. Le découpage et le rythme du récit restent leurs points forts mixant plans larges très soignés, gros plans sur les détails, micro casses répétitives ou zoom en pleine page. Ce découpage aiguille et rythme le scénario qui lui en revanche est un peu décousu.
Habituellement, il y a toujours une astuce narrative chez Ruppert&Mulot, un jeu dans le récit, souvent en interactivité avec le lecteur ou le public. Ici, on la cherche désespérément mais on ne la devine pas. Cette histoire loufoque de princesses, princes et amants modernes est très humoristique mais malheureusement très légère...
lundi 18 mai 2015
Ukulélé de Joann Sfar ***
Ukulélé est le deuxième carnet de Joann Sfar publié par
l’Association. Il y aborde de nombreux thèmes au fil de ces pérégrinations
estivales (été 2002) dans sa maison familiale de Villefranche sur mer.
Avant tout ce carnet est un carnet de dessins. Sfar nous
donne ces règles, ces choix de dessinateurs. Il nous transmet le plaisir du
dessin, nous invite à dessiner… Et ça marche ! Pourquoi dessiner ?
Reproduire la beauté du réel ? Et voilà, on parle philosophie à travers
le dessin ! Avec Sfar la philosophie n’est jamais loin, elle se mêle à la
vie, à la pratique artistique. Car le premier crédo de Jojo est génial :
le dessin c’est aiguisé le regard ! Allez-y, dessinez d’après nature, vous
verrez plus de choses, les détails, mais la composition d’ensemble également,
vous comprendrez le fonctionnement, l’essence de ce que vous observez… Vous
imprimerez sur le papier et dans votre mémoire ce que vous avez sous les
yeux ! Ce carnet est un regroupement de dessins d’après nature, d'observation et
d’imagination. Sfar par moment va juste se délier le poigné avant de passer sur
d’autres projets ou retranscrire une ambiance ou simplement expérimenter
d’autres graphismes, techniques, couleurs…
Pour le reste du contenu, vu le titre, il y parle évidemment
musique : découverte, jeux, expérimentation, détente, échange et
perfectionnement. On retrouve les thèmes classiques des carnets de Sfar :
le quotidien, sa vie de famille, les histoires de papa, les histoires de mari,
un peu de politique et pas mal de philosophie, les joies et frustrations de
l’artiste. A ce propos, Ukulélé c’est un peu le carnet catharsis de l’auteur
dessinateur qui a peur de la montre de l’éditeur et des copains
auteurs-dessinateurs.
Sfar nous raconte d’ailleurs ces relations diverses et complexes
aux autres artistes : peintres, dessinateurs, philosophes, auteurs,
compositeurs, musiciens, écrivains… Ces inspirations, mes artistes qui
résonnent en lui et avec il dialogue par œuvres interposées ou réellement de
visu… Il va parfois clairement dénouer les liens et nous expliquer la relation
qu’il entretient avec l’autre (artiste ou œuvre, qui ne font qu’un d’ailleurs
pour Sfar) et des fois en revanche ça va « transpirer » du livre.
C’est fascinant de découvrir la complexité du chemin créatif.
Ce carnet est un objet complexe, un peu long, lent, ça
manque de rythme mais les thèmes sont nombreux, riches, abordés avec simplicité
mais dans leur complexité. Tout n’est pas dit, le lecteur fait son chemin !
Le dessin surtout y ai central et joisif.
NB : Perso, quand je relis les carnets de Sfar c’est
immanquable, je reprends le dessin : le dessin pour moi, pour comprendre,
pour avancer…
lundi 11 mai 2015
Le Tiramisu
Pour aujourd’hui, le dessert ! Tiramisu : mon
préféré de tous les desserts !
Je ne suis pas le seul à l’aimer d’ailleurs… Un peu de
statistique grâce à TNS Sofres le Top 10 des desserts préférés des français :
- Le fondant au chocolat
- Crêpes
- Mousse au chocolat
- Ile flottante
- Tarte aux pommes
- Tiramisu
- Crème Brulée
- Profiteroles
- Mille-feuilles
- Tarte aux fraises
Bref le grand classique est très simple à réaliser et il faut
vraiment le vouloir pour le rater avec la recette ci-dessous !
Pour 4 personnes
Ingrédients :
- 250 gr de Mascarpone
- 2 cuillères à soupe et demi de sucre cristal
- 2 gros œufs, 3 petits
- Un paquet de biscuits : boudoirs, biscuits thé Lu ou Spéculos…
- Un café fort
- Chocolat extra noir en poudre du Van Houten quoi
Faites un café bien corsé, laissez le refroidir.
Séparez les blancs des jaunes des œufs. Battre les blancs en
neige avec une pincée de sel.
Mélangez les jaunes, le sucre et le mascarpone. Mélangez
jusqu’à obtention d’une préparation légèrement mousseuse.
Y ajoutez avec délicatesse les blancs en neige.
Sortez les biscuits (le top avec c'est les biscuits thé LU). Alternez
les couches de biscuits légèrement imbibés de café ; Les trempez au fur et à
mesure pour éviter qu’ils ne fondent dans le café. Commencez par une couche de
biscuit dans le fond d’un plat rectangulaire, puis la préparation au
mascarpone. Une deuxième couche de biscuit. Une nouvelle couche de mascarpone.
Pourquoi pas une troisième couche de biscuit et de mascarpone. Toujours finir par
une couche de mascarpone.
Couvrez avec du film et laissez reposer au réfrigérateur au
moins 6h.
Avant de servir, tamisez le dessus du Tiramisu de chocolat
en poudre extra noir.
C’est un régal. Nous, on le mange à deux !
Une variante simple, ajoutez à la préparation le zeste d'un citron jaune ou vert ou d'une orange.
Les zestes parfumeront la crème au mascarpone sans prendre le dessus sur le café, le chocolat ou le mascarpone !
Harmonica de Joann Sfar ****
Sous ses airs d’artiste ingénu, qui suit bêtement l’idée de
son copain Lewis Trondheim, le premier carnet de Joann Sfar commence sans
prétention ; en nous laissant croire qu’il ne sait pas où il va nous mener…
Attention comme souvent c’est un leurre !
Le résultat est génial, on entre doucement dans le quotidien
d’un auteur de bande dessinée. Mais pas vraiment non plus : il ne va pas
nous expliquer ces trucs et astuces d’artiste de but en blanc. C’est plus
subtil. Il nous dévoile par ces chemins de traverses son âme d’artiste.
Hey oh, c’est avant tout un livre très réussi sur un
amoureux de musique qui franchit enfin le gouffre qui sépare celui qui écoute
et celui qui joue. Mais aussi un formidable plaidoyer sur l’amitié. Une
histoire simple d’un gars qui apprend la musique avec les copains. En
parallèle, il nous montre sa vie de jeune père et ces traumatismes de gamin.
Je reprends avec plaisir la lecture des carnets de Joann
Sfar. C’est un point de vue simple sur la vie que je partage en tout point.
Un jour dans mes rêves les plus fous, je ne vendrais plus de
fromages et j’écrirais peut être une thèse sur Sfar. En tout cas, en attendant,
je vais commencer par quelques articles sur ces bouquins.
Tout est bon dans le Sfar. Loving Jojo.
NB : ce qui ajoute au plaisir de relire Harmonica, c'est de le faire au soleil sur la plage de Dinard ;)
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