Ukulélé est le deuxième carnet de Joann Sfar publié par
l’Association. Il y aborde de nombreux thèmes au fil de ces pérégrinations
estivales (été 2002) dans sa maison familiale de Villefranche sur mer.
Avant tout ce carnet est un carnet de dessins. Sfar nous
donne ces règles, ces choix de dessinateurs. Il nous transmet le plaisir du
dessin, nous invite à dessiner… Et ça marche ! Pourquoi dessiner ?
Reproduire la beauté du réel ? Et voilà, on parle philosophie à travers
le dessin ! Avec Sfar la philosophie n’est jamais loin, elle se mêle à la
vie, à la pratique artistique. Car le premier crédo de Jojo est génial :
le dessin c’est aiguisé le regard ! Allez-y, dessinez d’après nature, vous
verrez plus de choses, les détails, mais la composition d’ensemble également,
vous comprendrez le fonctionnement, l’essence de ce que vous observez… Vous
imprimerez sur le papier et dans votre mémoire ce que vous avez sous les
yeux ! Ce carnet est un regroupement de dessins d’après nature, d'observation et
d’imagination. Sfar par moment va juste se délier le poigné avant de passer sur
d’autres projets ou retranscrire une ambiance ou simplement expérimenter
d’autres graphismes, techniques, couleurs…
Pour le reste du contenu, vu le titre, il y parle évidemment
musique : découverte, jeux, expérimentation, détente, échange et
perfectionnement. On retrouve les thèmes classiques des carnets de Sfar :
le quotidien, sa vie de famille, les histoires de papa, les histoires de mari,
un peu de politique et pas mal de philosophie, les joies et frustrations de
l’artiste. A ce propos, Ukulélé c’est un peu le carnet catharsis de l’auteur
dessinateur qui a peur de la montre de l’éditeur et des copains
auteurs-dessinateurs.
Sfar nous raconte d’ailleurs ces relations diverses et complexes
aux autres artistes : peintres, dessinateurs, philosophes, auteurs,
compositeurs, musiciens, écrivains… Ces inspirations, mes artistes qui
résonnent en lui et avec il dialogue par œuvres interposées ou réellement de
visu… Il va parfois clairement dénouer les liens et nous expliquer la relation
qu’il entretient avec l’autre (artiste ou œuvre, qui ne font qu’un d’ailleurs
pour Sfar) et des fois en revanche ça va « transpirer » du livre.
C’est fascinant de découvrir la complexité du chemin créatif.
Ce carnet est un objet complexe, un peu long, lent, ça
manque de rythme mais les thèmes sont nombreux, riches, abordés avec simplicité
mais dans leur complexité. Tout n’est pas dit, le lecteur fait son chemin !
Le dessin surtout y ai central et joisif.
NB : Perso, quand je relis les carnets de Sfar c’est
immanquable, je reprends le dessin : le dessin pour moi, pour comprendre,
pour avancer…


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