jeudi 29 octobre 2015

Lentilles au chorizo

Un petit souvenir d'Erasmus à Madrid où je logeais chez Purita une vieille fille de 80 balais ! Outre me faire la lessive et le ménage, j'ai eu le droit aussi à des petits cours de cuisine. Donc voici la recette du plat que j'ai le plus mangé à Madrid car très économique et délicieux ! Comme ça avec le reste de ma bourse Erasmus, comme tout bon Erasmus, je suis allé dans les bars à la recherche de la caña de cerveza avec les tapas gratis. Et quand le porte-monnaie se vide on fait le tour des chupitos gratis.


La recette pour 4/6 personnes

- un chorizo piquante
- un paquet de lentilles de 500g
- un oignon
- deux gousses d'ail
- 3/4 tomates
- deux feuilles de laurier
- sel / poivre
- huile d'olive

Alors écrasez sans les éplucher les 2 gousses d'ail et couper le chorizo en tronçons de 4cm.
Dans une cocotte versez les lentilles, le laurier, l'ail écrasé et le chorizo recouvrir d'eau. Ne pas saler.
Faire cuire le tout pendant une 1/2 heure à heure.

Pendant ce temps, pelez les tomates (les tremper dans l'eau bouillante en les incisant, puis les peler). Les coupez en petit dés. Épluchez et hachez finement l'oignon. Faites revenir l'oignon dans un filet d'huile d'olive, ajoutez ensuite les tomates pour réaliser une petite compotée de tomate. Réservez les tomates.

La fin de la cuisson des lentilles, ajoutez la compotée de tomate et salez, poivrez à votre goût. Enlevez les pluches d'ail et le laurier. C'est prêt !


dimanche 25 octobre 2015

Festival Quai des Bulles 2015 - Samedi 24 octobre 2015 - St Malo



Ce week-end excursion à St Malo pour le Festival Quai des Bulles. Un des plus prestigieux festival de bande dessinée. Plus habitué aux petits festivals intimistes ces dernières années, je retrouve la ferveur et la foule des grands rassemblements. J'y ai passé une superbe journée sans trop m'attarder sur les stands libraires et éditeurs. Fait rare, je n'y ai pas acheté de BD et zéro dédicace. La flemme de faire la queue pour le saint Graal. L'espace réservé aux éditeurs et libraires étaient full de monde et les grandes maisons mixées aux petites indés. Si l'idée de mixité, de diversité et de découverte est sympa, les grands noms prennent littéralement de la place avec leurs stands luxueux et les dédicaces des auteurs prestigieux et font de l'ombre aux plus petites qui ne peuvent même pas miser sur le groupement pour émerger.

En revanche, les expositions et événements organisés sur les grands festivals en font leur richesse. Pour Quai des Bulles 2015, 5 grandes expositions :
- Dickie, une présentation de l’œuvre cinglante d'un auteur belge, Pieter de Poortere qui joue sur les codes de la BD pour nous amuser avec légèreté et beaucoup d'humour noir. Une excellente découverte, d'un auteur qui cartonne outre quievrin !


- une expo sur Tardi que j'ai littéralement snobé

- une expo sur la BD chinoise et sa diversité : très belles expos avec de superbes dessinateurs et des planches de la célèbre BD Yaya ! Très diverse avec du fantastique hyper photoshopé aux dessins aux feutres et encres très sensibles.


- une expo sur l’œuvre de Nicoby, un auteur contemporain. Beaucoup de planches originales exposées et une scénographie très réussie. Également une belle découverte avec un trait et un ton simple mais efficace pour des livres sur l'histoire de la BD, la vie quotidienne, ...
 - Enfin une rétrospective pour fêter les 40 ans de Fluide Glacial et un hommage à Coyote qui est décédé cette année. Très grande expo avec une scénographie très simple pour présenter les originales des planches des séries cultes du magasine et de la maison d'édition. Les séries s'enchainent les une après les autres avec une suite logique plus ou moins thématique, plus ou moins chronologique. C'est très fastidieux de lire autant de planches au mur mais super de lire une planche par-ci par-là pour découvrir les différents auteurs de Fluide. Franchement on se marre bien dans l'expo !

Et en plus, le must ce sont les événements et les spectacles avec dessin en direct ! J'ai assisté à Match à bulles où deux dessinateurs s'affrontent pour faire deviner au public des titres de films. Interactions avec le public au rendez-vous ! Très fun. 
Ensuite en début d'après-midi, un superbe rendez-vous de Quai des bulles, les contes à bulles ! Un conteur, une star du dessin et un musicien pour raconter en live un même conte. Pour ma part, sur scène nous avions Cyril Pedrosa au dessin, virtuose du pinceau et du crayon ! J'étais aux anges. Ses dessins réalisés en direct étaient filmés et projetés sur écran géant pendant que le musicien et la conteuse racontaient l'histoire. Le spectacle était très abouti et captivant grâce également à l'interprétation de la conteuse et de son musicien. Une expérience à vivre !



Bref un festival riche en expositions et événements, pour les amoureux de la dédicaces les grands auteurs étaient présents (j'y ai croisé Pedrosa, Boulé, Vivés, Obion, Baudoin et d'autres que je ne lis pas souvent mais plus connus). On ajoute à tout ça le soleil, la vieille ville de St Malo, les couignettes de Larnicol, l'estuaire et la mer, le bus de mer de Dinard à St Malo et vous avez l'ambiance ensoleillée du week-end !

Rendez-vous l'année prochaine fin octobre pour Quai des bulles 2016 ;)


 

Je t'aime ma chatte de Joann Sfar ***

Sfar nous revient avec un Nième carnet. Cette fois, il est plus en forme. On se laisse porter par ses notes et son quotidien enfin ce qu'il veut bien nous en donner.

On retrouve un vieux copain en lissant les carnets de Joann Sfar, enfin pour moi c'est le cas. il était pathétique et détruit, perdu et triste dans son précédent carnet. Là, il va un peu mieux, sa névrose se calme, il se penche à nouveau sur les jolies filles et l'art, se posent dix milles questions à la con. On retrouve son humour et ses rengaines habituelles. Il retrouve aussi son style fluide et passionnant où chaque récit est développé juste comme il faut. Ce qu'il faut de sentiments et de dessins pour nourrir la pensée et lui laisser le temps de se s'installer.

Bref un carnet typique de Sfar juste dosage entre autobio et essai philosophique avec une pointe d'humour et d’auto-dérision !

Bon allez, je vous le donne mon secret, le bon moyen de savoir si un carnet de Sfar est réussi : avez vous en le refermant soit envie de dessiner soit envie de faire l'amour ? Si oui, bingo c'est que le livre est réussi !


jeudi 22 octobre 2015

Les équinoxes de Cyril Pedrosa ***

Énorme pavé dans la marre, ce bouquin est un très bel objet d'art, peut-être trop !

C'est un livre construit sur des digressions, des questionnements, des luttes intérieures. Pedrosa met en images et en textes de multiples personnages un peu perdus entre vie personnel chaotique et professionnel peu palpitante ; des situations et des sentiments intérieurs de la solitude que nous avons tous déjà vécu.

La construction du livre est très complexe. 4 saisons comme 4 chapitres, à chaque saison le style évolue progressivement d'un dessin classique, froid, aux couleurs pastel tristes, vers un style électrique où les lignes s'empilent et s’entremêlent, aux couleurs vives. Cette évolution du graphisme est extrêmement juste, parfaitement intégré au récit.
Ce schéma se complexifie avec deux histoires imbriquées, qui se développent en parallèle avec là encore deux styles graphiques bien différents. Pedrosa ne s'arrête pas là, il a ajouté régulièrement des courts récits sur chacun des personnages dans le roman graphique et des passages de textes plus long à chaque fin de saison, qui développe l'histoire du personnage central, celui qui fait le lien entre tous ces éléments. Franchement, c'est un peu lourd et indigeste. Ça manque de spontanéité, c'est peut-être trop cadré. Mais ça vaut le coup de se battre avec ce récit, d'aller au bout car la chute est aussi simple que juste.

La solitude et le désarroi des personnages s'effacent par hasard en un clin d’œil, une fraction de vie, une rencontre artistique, amoureuse ou fraternelle. Sauf que le hasard n'en ai jamais un. C'est l'abandon par les personnages de leur détresse, l'ouverture et l’honnêteté sur ce qu'ils sont qui les ouvrent vers les autres et le monde ; en s'éloignant de leurs peurs et de leurs démons, des vieux amis et de la famille avec qui ils ne partagent plus que l'habitude de leur présence, sans sincérité ni amour ni partage. Ils ont fait le tri entre l’essentiel et le superficiel et grâce à ce chemin personnel, ils ont construit leur heureux hasard et ils n'avaient plus qu'à saisir leur chance au vol.


dimanche 18 octobre 2015

Carnet de santé foireuse de Pozla *****

Ce qui m'a attiré vers ce livre à la librairie fut son format rare : tout carré, mais aussi le graphisme et les couleurs aquarelles flashs et crasses à la fois. Un format intriguant et un style unique et très expressif. Puis vient le titre "Carnet de santé foireuse". L'ensemble sentait le vrai, le dur, la lutte, le personnel, l'intime et l'universel mais avec humour, espoir et fragilité. Hop ! C'était dans le sac !!!

C'est rare d'avoir une couv' aussi réussi : tout était là ! Un livre sur la maladie de Crohn extrêmement bien documenté, limpide et sincère : une autobio utile.

Outre le thème de fond et la maitrise de la narration époustouflante et didactique, un rythme juste pour comprendre à la fois le cheminement du personnage et les points techniques sur la maladie alliant les explications purement médicales et le ressenti du patient, le dessin est la clé de voute de ce livre : un dessin puissant au graphisme original, extrêmement "expressionniste". Pozla ne cherche pas à transmettre un état, à décrire une maladie mais à véritablement exprimer son désarroi, sa douleur, ses joies, ses doutes, ses sentiments, le tout évoluant au fil des années et des soins. Il nous jette tout ça en pleine face sur le papier sans filtre. Ses sentiments sont transmis avec beaucoup de justesse et subtilité via le dessin.

Ce livre est si bien construit que la solution arrive comme une évidence et nous remet en question dans notre relation quotidienne à la bouffe et notre système digestif : faut-il tous passer au régime ancestral ? ah ah...

Fucking découverte, merci au libraire de l'avoir mis en évidence. Bravo Pozla, c'est jusque là, le meilleur bouquin que j'ai lu cette année...