jeudi 18 juin 2015

Partisan de Ariel Kleiman

Un très beau conte initiatique et d'apprentissage. On entre dans un univers singulier et fabuleux, fascinant, puissant et mystérieux qui mêle amour, excès, violence, éducation et protection...

Un film singulier qui nous questionne sur les liens parentaux, l'éducation, l'émancipation, la société. Comment protéger ses enfants ? Les éduquer à notre image ? Les intégrer à la société ? Les aimer ?

Nous sommes quelque part dans une ville fatiguée des pays de l'Est au cœur des montagnes. La vie est dure. Certains sont rejetés. Grégori (Vincent Cassel) crée un monde parallèle clos à l'abri de cette violence où il accueille femmes et enfants. Il les prend sous son aile dès la naissance. Ils couchent avec toutes les femmes et élèvent ses enfants adoptifs à sa sauce dans la peur du monde extérieur. Si l'amour est omniprésent dans ce monde fermée, la violence, la jalousie, la frustration et la peur également. Grégori est un despote qui ne supporte aucune remise en question de son autorité et de ses règles.

Tout est somptueux dans ce film : le jeu des acteurs (Vincent Cassel, Jeremy Chabriel, Florence Mezzara ; ils interprètent à la perfection les subtilités et ambiguïtés de leur personnage), la photographie et la lumière, les décors et les costumes, la mise en scène et le cadrage. Tout.

On retrouve les thèmes et mystères de Le village de Night Shyamalan et de Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin : secte, protectionnisme, liens parentaux, amour, despotisme, émancipation, liens ambigus avec la société. Avec le même soin apporté à la réalisation. Il faut voir Partisan.


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