dimanche 29 novembre 2015

Nungesser de Fred Bernard et Aseyn ***

Entièrement en noir et blanc, cette BD privilégie le crayonné en jouant sur des effets de gris et de patine pour renforcer la temporalité de l'histoire, celle de Charles Nungesser au début du XIXème siècle. Avec un dessin très réaliste et juste Aseyn met en image l'histoire de cet as de l'aviation pendant la première guerre mondiale. Si Fred Bernard, le scénariste laisse la part belle à ce chapitre de sa vie, cette BD s'applique à dépeindre la biographie complète de Charles Nungesser. Nous découvrons ainsi les prouesses d'un passionné de l'aviation de ces débuts fulgurants dans la pampa argentine à sa tentative dramatique de traversée de l'Atlantique en passant par ces prouesses et insubordinations de guerre. La voix d'Emilie, son amante et amour de toujours, nous suit tout au long du récit en voix off pour mettre un peu de sensualité et de recul sur l'histoire.

Charles Nungesser apparait comme un casse-cou invétéré qui vit sa vie à 200% quitte à se mettre constamment en danger. Emilie parvient tout juste à lui remettre les pieds sur terre mais jamais très longtemps. Il est aussi naïf en affaire que prodigieux dans les airs. Cette biographie réussit à merveille à retranscrire les exploits de cet homme hors du commun qu'à dépeindre les traits de son caractère ambitieux, fougueux mais aussi naïf et fragile.

Une belle réussite, un regard romanesque sur le début du siècle, la première guerre mondiale et le traumatisme post 14-18 mais aussi sur les débuts fulgurants de l'aviation boostés par la guerre.





dimanche 8 novembre 2015

Le camembert AOP

Pour changer un peu, la découverte d'un produit traditionnel ! 

Vous ne m'entendrez pas souvent faire la pub sur ce blog de Lactalis, mon employeur, mais là franchement chapeau bas aux équipes de Jort et Moulin de Carel qui préservent le savoir-faire et l'excellence des camemberts AOP de Normandie !


J'ai découvert ce savoir-faire à Bernières d'Ailly, la fromagerie JORT. On fabrique ici au cœur de la Normandie un camembert d'exception depuis 1883. C'est une histoire de familles et de transmission : Bruno Lefèvre, le directeur des activités AOP normandes du groupe, nous présente son grand-père sur une photo de la cour de la fromagerie au début du XIXème. Le savoir-faire a été perpétué avec enthousiasme par plusieurs générations de fromagers.

Le secret d'un bon fromage, c'est de lui laisser le temps de se façonner. Dès le départ, le lait cru est sélectionné dans le bocage, testé tous les jours pour sécuriser sanitairement la production, puis la fermentation commence pour 24h. Ensuite le lait est mis en pressure, 45 minutes après il est moulé à la louche et la main. 5 louches de suite toutes les 40 minutes. Le caillé s'égoutte doucement sur nattes. Quelques heures plus tard, c'est le démoulage à la main et la pose d'une plaque inox pour favoriser l'égouttage. Le lendemain salage à sec et affinage en douceur pendant 3 semaines ! A cette étape le fromage est jaune intense riche des saveurs des herbages normands.

Les odeurs sont fabuleuses et magiques dans cette fromagerie. Le caillé frais au moulage a une odeur légère et gourmande, sans acidité. Quand on quitte la salle du moulage pour s’engouffrer dans les hâloirs, on suit à l'odeur l'évolution de l'affinage. A deux jours le camembert libère une odeur puissante de fruits (pomme et banane). A quatre jours, la fleur blanche commence à apparaitre et l'odeur caractéristique du camembert arrive avec légèreté. A six jours, l'affinage est à son comble et une forte odeur d’ammoniaque se dégage. Cette odeur s'estompe alors jusqu'au conditionnement à 14 jours.

Les produits sont alors triés et sélectionnés par une équipe experte, les produit sont jugés à l'aspect, à la texture pour  ne laisser partir que d'excellents produits. Une fois emballé en boite bois évidemment ils sont entreposés en cave pour 7 jours avec une attention particulière à l'aération du produit, mis en caissette à la main avec des cales pour assurer une homogénéité et affinage parfait.

Ensuite dernier tri et envoi aux fromagers et distributeurs !

A la dégustation, ces camemberts bichonnés avec soin ont une pâte légèrement persillée (c'est à dire avec de multiples petits trous), une texture souple et une croute fine. En bouche selon l'affinage, le camembert est plus ou moins puissant aux notes crème, agréablement ail et subtilement fruité !



jeudi 29 octobre 2015

Lentilles au chorizo

Un petit souvenir d'Erasmus à Madrid où je logeais chez Purita une vieille fille de 80 balais ! Outre me faire la lessive et le ménage, j'ai eu le droit aussi à des petits cours de cuisine. Donc voici la recette du plat que j'ai le plus mangé à Madrid car très économique et délicieux ! Comme ça avec le reste de ma bourse Erasmus, comme tout bon Erasmus, je suis allé dans les bars à la recherche de la caña de cerveza avec les tapas gratis. Et quand le porte-monnaie se vide on fait le tour des chupitos gratis.


La recette pour 4/6 personnes

- un chorizo piquante
- un paquet de lentilles de 500g
- un oignon
- deux gousses d'ail
- 3/4 tomates
- deux feuilles de laurier
- sel / poivre
- huile d'olive

Alors écrasez sans les éplucher les 2 gousses d'ail et couper le chorizo en tronçons de 4cm.
Dans une cocotte versez les lentilles, le laurier, l'ail écrasé et le chorizo recouvrir d'eau. Ne pas saler.
Faire cuire le tout pendant une 1/2 heure à heure.

Pendant ce temps, pelez les tomates (les tremper dans l'eau bouillante en les incisant, puis les peler). Les coupez en petit dés. Épluchez et hachez finement l'oignon. Faites revenir l'oignon dans un filet d'huile d'olive, ajoutez ensuite les tomates pour réaliser une petite compotée de tomate. Réservez les tomates.

La fin de la cuisson des lentilles, ajoutez la compotée de tomate et salez, poivrez à votre goût. Enlevez les pluches d'ail et le laurier. C'est prêt !


dimanche 25 octobre 2015

Festival Quai des Bulles 2015 - Samedi 24 octobre 2015 - St Malo



Ce week-end excursion à St Malo pour le Festival Quai des Bulles. Un des plus prestigieux festival de bande dessinée. Plus habitué aux petits festivals intimistes ces dernières années, je retrouve la ferveur et la foule des grands rassemblements. J'y ai passé une superbe journée sans trop m'attarder sur les stands libraires et éditeurs. Fait rare, je n'y ai pas acheté de BD et zéro dédicace. La flemme de faire la queue pour le saint Graal. L'espace réservé aux éditeurs et libraires étaient full de monde et les grandes maisons mixées aux petites indés. Si l'idée de mixité, de diversité et de découverte est sympa, les grands noms prennent littéralement de la place avec leurs stands luxueux et les dédicaces des auteurs prestigieux et font de l'ombre aux plus petites qui ne peuvent même pas miser sur le groupement pour émerger.

En revanche, les expositions et événements organisés sur les grands festivals en font leur richesse. Pour Quai des Bulles 2015, 5 grandes expositions :
- Dickie, une présentation de l’œuvre cinglante d'un auteur belge, Pieter de Poortere qui joue sur les codes de la BD pour nous amuser avec légèreté et beaucoup d'humour noir. Une excellente découverte, d'un auteur qui cartonne outre quievrin !


- une expo sur Tardi que j'ai littéralement snobé

- une expo sur la BD chinoise et sa diversité : très belles expos avec de superbes dessinateurs et des planches de la célèbre BD Yaya ! Très diverse avec du fantastique hyper photoshopé aux dessins aux feutres et encres très sensibles.


- une expo sur l’œuvre de Nicoby, un auteur contemporain. Beaucoup de planches originales exposées et une scénographie très réussie. Également une belle découverte avec un trait et un ton simple mais efficace pour des livres sur l'histoire de la BD, la vie quotidienne, ...
 - Enfin une rétrospective pour fêter les 40 ans de Fluide Glacial et un hommage à Coyote qui est décédé cette année. Très grande expo avec une scénographie très simple pour présenter les originales des planches des séries cultes du magasine et de la maison d'édition. Les séries s'enchainent les une après les autres avec une suite logique plus ou moins thématique, plus ou moins chronologique. C'est très fastidieux de lire autant de planches au mur mais super de lire une planche par-ci par-là pour découvrir les différents auteurs de Fluide. Franchement on se marre bien dans l'expo !

Et en plus, le must ce sont les événements et les spectacles avec dessin en direct ! J'ai assisté à Match à bulles où deux dessinateurs s'affrontent pour faire deviner au public des titres de films. Interactions avec le public au rendez-vous ! Très fun. 
Ensuite en début d'après-midi, un superbe rendez-vous de Quai des bulles, les contes à bulles ! Un conteur, une star du dessin et un musicien pour raconter en live un même conte. Pour ma part, sur scène nous avions Cyril Pedrosa au dessin, virtuose du pinceau et du crayon ! J'étais aux anges. Ses dessins réalisés en direct étaient filmés et projetés sur écran géant pendant que le musicien et la conteuse racontaient l'histoire. Le spectacle était très abouti et captivant grâce également à l'interprétation de la conteuse et de son musicien. Une expérience à vivre !



Bref un festival riche en expositions et événements, pour les amoureux de la dédicaces les grands auteurs étaient présents (j'y ai croisé Pedrosa, Boulé, Vivés, Obion, Baudoin et d'autres que je ne lis pas souvent mais plus connus). On ajoute à tout ça le soleil, la vieille ville de St Malo, les couignettes de Larnicol, l'estuaire et la mer, le bus de mer de Dinard à St Malo et vous avez l'ambiance ensoleillée du week-end !

Rendez-vous l'année prochaine fin octobre pour Quai des bulles 2016 ;)


 

Je t'aime ma chatte de Joann Sfar ***

Sfar nous revient avec un Nième carnet. Cette fois, il est plus en forme. On se laisse porter par ses notes et son quotidien enfin ce qu'il veut bien nous en donner.

On retrouve un vieux copain en lissant les carnets de Joann Sfar, enfin pour moi c'est le cas. il était pathétique et détruit, perdu et triste dans son précédent carnet. Là, il va un peu mieux, sa névrose se calme, il se penche à nouveau sur les jolies filles et l'art, se posent dix milles questions à la con. On retrouve son humour et ses rengaines habituelles. Il retrouve aussi son style fluide et passionnant où chaque récit est développé juste comme il faut. Ce qu'il faut de sentiments et de dessins pour nourrir la pensée et lui laisser le temps de se s'installer.

Bref un carnet typique de Sfar juste dosage entre autobio et essai philosophique avec une pointe d'humour et d’auto-dérision !

Bon allez, je vous le donne mon secret, le bon moyen de savoir si un carnet de Sfar est réussi : avez vous en le refermant soit envie de dessiner soit envie de faire l'amour ? Si oui, bingo c'est que le livre est réussi !


jeudi 22 octobre 2015

Les équinoxes de Cyril Pedrosa ***

Énorme pavé dans la marre, ce bouquin est un très bel objet d'art, peut-être trop !

C'est un livre construit sur des digressions, des questionnements, des luttes intérieures. Pedrosa met en images et en textes de multiples personnages un peu perdus entre vie personnel chaotique et professionnel peu palpitante ; des situations et des sentiments intérieurs de la solitude que nous avons tous déjà vécu.

La construction du livre est très complexe. 4 saisons comme 4 chapitres, à chaque saison le style évolue progressivement d'un dessin classique, froid, aux couleurs pastel tristes, vers un style électrique où les lignes s'empilent et s’entremêlent, aux couleurs vives. Cette évolution du graphisme est extrêmement juste, parfaitement intégré au récit.
Ce schéma se complexifie avec deux histoires imbriquées, qui se développent en parallèle avec là encore deux styles graphiques bien différents. Pedrosa ne s'arrête pas là, il a ajouté régulièrement des courts récits sur chacun des personnages dans le roman graphique et des passages de textes plus long à chaque fin de saison, qui développe l'histoire du personnage central, celui qui fait le lien entre tous ces éléments. Franchement, c'est un peu lourd et indigeste. Ça manque de spontanéité, c'est peut-être trop cadré. Mais ça vaut le coup de se battre avec ce récit, d'aller au bout car la chute est aussi simple que juste.

La solitude et le désarroi des personnages s'effacent par hasard en un clin d’œil, une fraction de vie, une rencontre artistique, amoureuse ou fraternelle. Sauf que le hasard n'en ai jamais un. C'est l'abandon par les personnages de leur détresse, l'ouverture et l’honnêteté sur ce qu'ils sont qui les ouvrent vers les autres et le monde ; en s'éloignant de leurs peurs et de leurs démons, des vieux amis et de la famille avec qui ils ne partagent plus que l'habitude de leur présence, sans sincérité ni amour ni partage. Ils ont fait le tri entre l’essentiel et le superficiel et grâce à ce chemin personnel, ils ont construit leur heureux hasard et ils n'avaient plus qu'à saisir leur chance au vol.


dimanche 18 octobre 2015

Carnet de santé foireuse de Pozla *****

Ce qui m'a attiré vers ce livre à la librairie fut son format rare : tout carré, mais aussi le graphisme et les couleurs aquarelles flashs et crasses à la fois. Un format intriguant et un style unique et très expressif. Puis vient le titre "Carnet de santé foireuse". L'ensemble sentait le vrai, le dur, la lutte, le personnel, l'intime et l'universel mais avec humour, espoir et fragilité. Hop ! C'était dans le sac !!!

C'est rare d'avoir une couv' aussi réussi : tout était là ! Un livre sur la maladie de Crohn extrêmement bien documenté, limpide et sincère : une autobio utile.

Outre le thème de fond et la maitrise de la narration époustouflante et didactique, un rythme juste pour comprendre à la fois le cheminement du personnage et les points techniques sur la maladie alliant les explications purement médicales et le ressenti du patient, le dessin est la clé de voute de ce livre : un dessin puissant au graphisme original, extrêmement "expressionniste". Pozla ne cherche pas à transmettre un état, à décrire une maladie mais à véritablement exprimer son désarroi, sa douleur, ses joies, ses doutes, ses sentiments, le tout évoluant au fil des années et des soins. Il nous jette tout ça en pleine face sur le papier sans filtre. Ses sentiments sont transmis avec beaucoup de justesse et subtilité via le dessin.

Ce livre est si bien construit que la solution arrive comme une évidence et nous remet en question dans notre relation quotidienne à la bouffe et notre système digestif : faut-il tous passer au régime ancestral ? ah ah...

Fucking découverte, merci au libraire de l'avoir mis en évidence. Bravo Pozla, c'est jusque là, le meilleur bouquin que j'ai lu cette année...

samedi 26 septembre 2015

Crumble de pâtisson

L'automne revient avec ces cucurbitacées plus ou moins originales.
Pour aujourd’hui, une recette de crumble de pâtisson : cette courge blanche et plate au goût léger et aux notes d'artichaut. 


Ingrédients :

  • 1 pâtisson
  • 1 oignon
  • 4 gousses d'ail
  • sel/poivre

  • 40gr de beurre mou
  • 30gr de poudre d'amende
  • 30gr de farine de blé noir
  • 45gr de parmesan

Premier étape, préparez le pâtisson, le découper en cube d'un centimètre en enlevant les graines au centre. La peau peut être conservé. Préchauffez le four à 200°C, thermostat 6 ou 7.
Faites revenir à feux doux l'oignon haché fin dans de l'huile d'olive avec les gousses d'ail épluchées et coupées en 4. 
Ajoutez les cubes de pâtisson à feux très doux et laissez cuire à couvert jusqu'à ce que les morceaux soient moelleux. Pour éviter que ça accroche verser l'équivalent d'un 1/2 verre d'eau dans la poêle en début de cuisson.
Pendant ce temps, préparez la pâte à crumble en mélangeant le beurre mou coupé en cube, le parmesan, la poudre d'amende et la farine de blé noir. A pétrir à la main, l'objectif n'est pas d'obtenir un mélange lisse et homogène mais des grumeaux et des boules de pâtes.

En fin de cuisson, goûtez le pâtisson et ajustez l'assaisonnement en sel et poivre, molo molo sur le sel, il y a du parmesan qui va saler le plat...

Versez le pâtisson dans un plat à gratin, enlevez le maximum de gousses d'ail peu digestes, elles ont déjà parfumé le plat lors de la cuisson du pâtisson. Parsemez par dessus la préparation à crumble en laissant des petites boules.

Mettez au four pendant 15 minutes et si besoin pour dorer le crumble mettre en mode grill 2 minutes en fin de cuisson.

Servez chaud avec du jambon cru italien de Parme ou du jambon de Bayonne.


mardi 18 août 2015

Boite de vitesses de Jochen Gerner *

Ce 15ème volume de la collection Patte de mouche est très énigmatique. Pour être honnête, je crois bien ne rien avoir compris !

Ambiance mafieuse réussie avec poker, boxe, malette énigmatique et chef de gang avec cigares. Le début de l'histoire est facile à suivre. Mais à la moitié, rupture dans le scénario, le quotidien d'une mamie à toutou prend le relais et on se demande bien pourquoi !

Le titre est également étrange : boite de vitesses. J'ai beau chercher dans tous les sens, rien n'y fait, je ne vois pas de lien évident entre le titre et l'histoire dans sa globalité. Le titre aurait pu nous aiguiller sur l'histoire, mais il participe au contraire au mystère de cette bande dessinée. Des éléments de l'histoire font sens avec le titre... Vivre la vie à toute vitesse ou la vie à deux vitesses ? Le lien entre les deux parties de l'histoire se fait au cœur d'une course poursuite en voiture et d'une vengeance sanglante confiée à des chiens d'attaque alors que la mamie entre en piste avec sa petite voiture tranquille et son gentil toutou... Ou alors, c'est un récit à tiroir, où la première histoire de mafieux n'est que le livre de chevet de la mamie ? Ou alors, la mamie est la mère du chef de la bande mafieuse ? Beaucoup d'hypothèses, c'est le charme du scénario ! Comme l'histoire est muette, le lecteur imagine, interprète et revisite le scénario à sa sauce...

Le dessin est assez sec, franchement pas fabuleux voire amateur mais vu le scénario c'est une curiosité à découvrir !


NB : sinon tout n'est qu'amateurisme avec un scénario mal ficelé et un dessin aux traits enfantins... Et moi, je trouve des excuses à une BD bancale !
ERATUM de fin septembre : en fait la mamie provoque un accident de voiture et tue le mafieux. Voilà, c'est tout con pour finir, mais pas très clair dans le bouquin, ce n'est pas ouf cette BD !


dimanche 16 août 2015

Au coeur du monde de Fabio Viscogliosi ****

Une autre réédition récente de la collection Patte de Mouche, ce 10ème volume est une véritable réussite tant graphique que scénaristique.

Plein d'humour et de vrais moments de vie, ce récit est une ode à la joie de vivre, à l'imaginaire et aux rencontres. Deux personnages se partagent l'affiche, un chien anthropomorphe curieux et une poubelle. Le premier fouille dans le second et selon ce qu'il y pioche, l'aventure ou la rêverie commence. Ici une mappemonde pour rêver à de grands voyages. Ici un chapeau, ici un parapluie pour partir vers des rencontres plus ou moins heureuses. Là une trompette...

La vie comme une grande aventure. Un très beau récit muet où l'auteur joue et s'amuse avec ses personnages, le scénario et le graphisme. Car le dessin simple est lui aussi très réussi.


NB : RDV dans deux jours pour La boite de visite de Jochen Gerner

vendredi 14 août 2015

Visite Express de Lewis Trondheim ***

Ce 77ème volume de la collection Patte de Mouche est le fruit des 24h de la bande dessinée du Festival d’Angoulême édition 2009. Depuis quelques années, en prémisse du festival, auteurs plus ou moins renommés et reconnus, étudiants ou simples amateurs sont invités à écrire et dessiner une bande dessinée en 24h top chrono le tout avec une thématique et une contrainte imposées.
Pour 2009 : histoire muette ayant pour cadre un musée ! Facile, non ? Et en 24h ???

Rien d'insurmontable pour Lewis Trondheim, fondateur de L'Association, du groupe OuBaPo (Ouvroir de Bande dessinée Potentielle), auteur de La mouche et de Lapinot et les carottes de Patagonie (la première BD étant entièrement muette et la seconde rédigée au fil de la plume sur tout juste 500 pages). La contrainte volontaire : il maitrise et c'est d'ailleurs un de ses apports majeurs à la BD.

Trondheim se met donc en scène au cœur de la ville d'Angoulême. L'histoire commence au CIBDI (cité internationale de la bande dessinée et de l'image) où il retrouve un commissaire d'exposition pour lui présenter ses planches. Celui-ci euphorique l'embarque à la découverte d'un musée en cours d'aménagement. Trondheim, grand habitué du récit au fil de la plume, multiplie les péripéties et les gags pour animer le récit. Les deux personnages se retrouvent ainsi embarqués au cœur d'un déluge sur l'arche de la BD.

On retrouve le ton et le trait classique de Trondheim plein d'humour et tout en souplesse. Autodérision et critique du monde de la BD sont au rendez-vous. Trondheim nous expose avec finesse et subtilité sa vision : la BD est vivante, les collectionneurs sont pathétiques, les artistes de notre temps doivent être soutenus, sans mettre de côté pour autant l'histoire de la BD.

Un récit simple et efficace avec en bonus un peu d'autodérision et un regard sarcastique sur le festival qui se prépare à ouvrir ces portes le lendemain. J'adhère !



NB : RDV dans deux jours pour Au cœur du monde de Fabio Viscogliosi

mercredi 12 août 2015

Jean qui rit et Jean qui pleure de François Ayroles **

Pendant une semaine, 4 chroniques pour découvrir l'esprit fougueux et téméraire de la collection Patte de mouche de L'Association. Une collection de BD au format tout mini (10.5x15cm sur une vingtaine de pages selon les livres) et au prix riquiqui et sympa de 3€. Une collection éclectique où les auteurs de L'Asso expérimentent de nouvelles choses selon l'humeur autour du graphisme, de la narration, du scénario, ou de la mise en scène et du cadrage. C'est une collection expérimentale où tout ne se vaut pas mais où chaque ouvrage à son petit truc singulier.

Pour cette première chronique, une réédition récente du volume 5, Jean qui rit et Jean qui pleure de François Ayroles. Le principe est simple même simpliste : nous suivons la destinée de deux personnages un actionnaire et un ouvrier. A chaque double page, en face à face, les deux personnages sont dessinés exactement dans la même posture et seul la mise en situation diffère. Aucun texte, en même temps le scénario n'en a pas besoin vu le manque de subtilité du discours. L’exercice de contrainte est sympathique mais l'ensemble est bien fade et le propos sans surprise. Le riche s'enrichit sur le dos du pauvre qui en crève.




NB : RDV dans deux jours pour Visite Express de Lewis Trondheim

lundi 10 août 2015

Quiche courgettes, lardons et chèvre



Dans mon frigo il y a deux ou trois indispensables : la pâte feuilletée pur beurre, les lardons, des œufs, du fromage râpé… Et bien avec tout ça, c’est la quiche qui s’impose ! J’ai plein de variante. La dernière en date, ce fut courgettes, lardons et chèvre. 



Pour 4 personnes :

Ingrédients :

  •  1 pâte feuilletée pure beurre
  • 4 courgettes
  • 200g de lardons
  • 1 oignon
  • 3 œufs
  • 5cl de lait
  • 10cl de crème liquide
  • 100g de bûche de chèvre
  • 50g d’emmental râpé
  • Sel / Poivre / Huile

Déroulez la pâte feuilletée au fond du plat à tarte, piquez la avec une fourchette. Préchauffez le four à 180°C.

Hachez les oignons, découpez les courgettes en lamelles fines. Faites suer les oignons dans l’huile, ajoutez les courgettes et cuire à feux doux 10 minutes. Ajoutez les lardons, et laissez cuire à nouveau 5 minutes. S’il y a du jus en fin de cuisson, égouttez le tout. 

Mélangez les œufs, le lait et la crème. Bien battre la préparation, elle doit être bien homogène (sinon il restera des morceaux de blanc d’œuf dans la quiche et perso j’ai horreur de ça). Salez et poivrez à votre goût. Ajoutez les courgettes, oignons et lardons à la préparation pour la baisser en température et éviter de trop abîmer la pâte feuilletée. Versez donc la préparation à température ambiante sur le fond de pâte.

Découpez la buche de chèvre en lamelle d’un demi centimètre. Les disposez sur la tarte. Saupoudrez d’emmental râpé. 

Enfournez à 180°C-200°C pendant 30-35 minutes. C’est cuit quand c’est doré. 

Pour 4 personnes, servez la quiche avec une salade verte. Pour 2 personnes, ce sera un plat consistant pour un midi, la salade est la bienvenue mais pas indispensable.



Mes variantes les plus régulières

  • La quiche Lorraine : 200g de lardons et 1 oignon
  • La quiche saumon / épinards ou lardons / épinards : 1 darne de saumon cuite à la vapeur et émiettée ou 200g de lardons, 500g d’épinards cuits 
  • La quiche saumon / poireaux  ou lardons / poireaux : 1 darne de saumon cuite à la vapeur et émiettée ou 200g de lardons, 3 poireaux découpés en tronçons et blanchis dans l'eau bouillante
  •  La quiche thon / maïs : 1 boite de thon (200g), 1 boite de maïs (150g) avec de l’aneth dans la préparation.

Capitaine Capital de Lindingre **

La BD du mois du Davanh Zoo Bag de juillet... La BD surprise donc !

De Lindingre, j'avais déjà lu Chez Francisque avec Manu Larcenet, enchainements de strips et de gags de comptoirs. Nous sommes dans le même registre aigre doux. Capitaine Capital enchaine les strips et courtes histoires sur notre monde capitaliste avec sa touche d'ironie grinçante.

C'est un recueil de diverses choses publiés dans L'Echo des savanes, Siné mensuel, Siné hebdo ou Fluide Glacial. le ton est caractéristique de ces magasines : l'humour gras et l'ironie sont au rendez-vous. Ça ne casse pas trois pattes à un canard mais entre deux drinks c'est bien le fun !

Je me suis bien fendu la poire selon les strips, mélange de clin d’œil à l'actu et de réflexions cinglantes sur notre monde capitaliste. Les histoires courtes sont peu croustillantes. On perd le rythme et elles sont souvent moins pertinentes que les strips.



mardi 21 juillet 2015

Si Dieu existe de Joann Sfar *

Sfar est un boulimique de travail. Il ne s'arrête jamais et surtout il trouve toujours un couillon pour le suivre et le financer pour le meilleur (souvent) et pour le pire (parfois).

Là franchement, il aurait pu éviter de publier ce carnet. L'éditeur Delcourt a pourtant essayé de nous alerter sur l'objet du délit en ajoutant un bandeau rouge "Les carnets intimes de Joann Sfar". Ayant lu et adoré ses précédents carnets, je me suis dit "tiens un nouveau gimmick publicitaire..." Non, non, non... C'est bien d'intimité qu'il s'agit. En même temps, Sfar annonce la couleur, ce carnet remplace le psy et le rabbin... Il sert également un peu d'auto-promo auprès de ses plus grands fans. On y apprend qu'un nouveau film va sortir en août "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil", qu'un tome 6 du Chat du rabbin se trame pour la rentrée littéraire et qu'il a sorti un bouquin de peintures sur Bonnard. Tout ça sonne très bien, malheureusement c'est un peu tout ce qu'il y a de palpitant dans ce carnet... Et ces projets ne sont que très briévement évoqués et nous ne découvrons rien du processus créatif...

Pour le reste, Sfar étale son mal-être... Beaucoup de complaintes sur l'état de la France, le judaisme en France, et sur sa solitutude post-rupture avec la femme de sa vie Sandrina Jardel. Il y a bien comme toujours un discours cohérent et une vision singulière du monde mais Sfar enchaine des pages et des pages de textes au fil de la plume sans aucune structure. Si les idées sont bonnes, la forme est sans contexte à retravailler.

Certains passages sont ennivrants avec des croquis intelligents de défilé de mode, un fantasme très humouristique, bourré de sens caché autour d'une femme rabbin. Malheureusement, ils se perdent dans la masse de textes sans queue ni tête.

Le pire, c'est qu'en terminant ce carnet, nous ne sommes pas certains que l'auteur se porte mieux...

vendredi 10 juillet 2015

Le rapport de Brodeck de Manu Larcenet *****

Une superbe adaptation graphique du roman de Philippe Claudel. On retrouve le style de Blast : le trait gras, sombre, gratté, la nature omniprésente où l'homme se perd et se cherche. Le dessin est superbe. Les portraits très travaillés dans un style pictural révèlent l'âme des personnages. Nous lissons dans chaque portrait la personnalité et la profondeur des personnages.

Ce style accompagne à merveille le récit de Philippe Claudel. Juste après guerre, les hommes sont perdus et le moindre trouble dans un petit village reculé sombre au drame. Un étranger arrive au village et perturbe le calme ambiant et fragile d'après la tempête. "L'anderer", l'autre, le voyageur dérange par sa curiosité, sa joie de vie, son mystère. Le récit commence par son meurtre par tous les hommes du village dans l'auberge du village. Seul Brodeck est innocent. Il arrive juste après le drame dans l'auberge. On lui demande de témoigner pour le village, de rédiger un rapport sur ce qui vient de se produire. Il n'a pas d'autre choix que d'accepter.

Ce roman est excellent en soit. La nature humaine y est dépeint dans sa complexité et ses ambiguïtés. La théorie du porc-epic de Schopenhauer en puissance. Le roman supporte très bien l'adaptation graphique de Larcenet. Vraiment Larcenet est au sommet de son art, n'hésitez pas une seconde plongez dans ses romans graphiques, vous vous y perdrez et vous adorerez ça !


mercredi 8 juillet 2015

L'arabe du futur Tome 1 et 2 de Riad Sattouf ****

Riad Sattouf surfe sur le succès éditorial des copains : Persepolis de Marjane Satrapi qui a déjà quelques années mais aussi Chroniques Birmanes et Chroniques de Jérusalem de Guy Delisles plus récents. Même principe : souvenirs de dictatures et/ou du front !

Le ton est léger et le récit plein d'humour pour raconter son enfance au moyen orient. Encore une fois, Sattouf réussit à garder le ton et l'oeil de l'enfant qu'il était. D'ailleurs, regardez son film Les Beaux Gosses, vous revivrez vos années collége ! Dans L'arabe du futur, nous naviguons entre la France, la Lybie et la Syrie des années 80's. C'est très intéressant de découvrir le quotidien, la réalité qui se cache derrière nos cours d'histoire : les conflits entre les pays arabes et Israël, l'occident et l'URSS, la vie de la population lybienne et syrienne, le système dictatorial, l'extrèmisme religieux, la confrontation des cultures... Un peu de vie et de concret dans tout ça, ça fait du bien !

Sattouf est sans pitié pour sa famille. Sa mére suit bêtement son mari en Lybie puis en Syrie. Elle s'ennuit, la vie est très rude et elle se demande ce qu'elle fout là... Son pére, docteur en Histoire n'est pas très malin. Il se fait gentillement balader par sa famille pourtant moins instruite que lui. Son pére est l'incarnation de l'immigré : étranger en France et étranger dans son pays d'origine et pour sa famille, vraiment bien nul part mais tout de même mieux chez lui, dans son pays d'origine que loin de sa culture.

Sattouf méne très habilement l'autobiographie pour nous parler des pays où il a vécu. L'arabe du futur nous plonge dans le passé pour nous expliquer en filigrane 2015 : le printemps arabe, les relations entre occident et moyen orient, le choc des cultures, la guerre... Le moyen orient en somme !!!


samedi 27 juin 2015

Cigish ou Le Maître du Je de Florence Dupré la Tour ****

Le livre commence comme un recueil classique de blog BD en version papier. Un blog singulier, sans doute mais un blog autobiographique quand même, où l'auteur s'émancipe de sa vie de merde en jouant son personnage favori de jeux de rôle, un certain nain nécromancien nommé Cigish. Personnage du mal, cynique et peu sociable que l'auteur décide de jouer dans la vie réelle en lieu et place de sa personnalité d'auteur BD sans grand succès à la vie peu folichonne.

Le livre prend un tournant avec la publication des commentaires acerbes. On comprend au fil des pages que ce livre est une description incisive, très drôle et très décalée du monde de l'édition. Tout le monde en prend pour son grade, l'auteur en premier puis sa famille, les éditeurs, les lecteurs, les blogs BD, les commentateurs des blogs, les collectionneurs, les chasseurs de dédicaces, les fans, les libraires, les festivals et pour finir les journalistes et critiques. Tout est passé à la moulinette. C'est un véritable suicide de l'artiste qui se trame. L'auteur n'y va pas avec le dos de la cuillère et tous les vices de ce petit monde sont dévoilés et décris avec justesse. Pour tout fan de BD et fin connaisseur du milieu, c'est excellent et bien que fictionnelle très réaliste. Mais à travers son avatar de jeu de rôle, l'auteur se dévoile avec humour et cynisme.




jeudi 25 juin 2015

Petit traité de morphologie d’Agnès Maupré **



Ce petit traité de morphologie est un véritable manuel de cette discipline, un véritable hommage à Monsieur Jean-François Debord son créateur et professeur à l’école des Beaux-Arts de Paris entre 1978 et 2003… La morphologie, oui mais encore ? Il s’agit d’une adaptation de l’anatomie en moins austère, plus simple, et ancrée dans le vivant et le mouvement. La morphologie étudie le squelette et les muscles pour mieux comprendre les liens entre eux et comment tout ceci s’articule en nous et chez les êtres vivants pout permettre le mouvement, le dynamisme et l’équilibre.  

Agnès Maupré reprend méthodiquement et avec beaucoup d’humour  les cours de Debord dans son traité et nous délivre l’essentiel de la discipline.  C’est un peu fastidieux à lire pour un non initié et surtout pour quelqu’un qui n’en a pas l’usage… En revanche le médium de la bande dessinée est très adapté à la situation, c’est un choix très pertinent.  Le dessin d’Agnès Maupré est très vivant : le professeur Debord est face à nous et gesticule sans arrêt pour nous expliquer les subtilités du corps humain, comment il se meut comment il s’articule… Le squelette, les écorchés et tous les autres petits personnages prennent vie, autant d’exemples de nos similarités et de nos différences… En gros, c’est le parfait exemple de ce que Debord a transmis : la morphologie, étude du corps humain, du vivant, du mouvement, pour mieux le représenter, le dessiner dans sa complexité.